Transition burkinabè : l’ONU réduit sa présence après l’échec de discussions sur les droits humains

05.07.2026


Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme va fermer d’ici au 30 novembre son bureau au Burkina Faso, ont annoncé jeudi les services de Volker Türk. La décision intervient trois mois après la suspension, pour une durée indéterminée, des activités de l’institution par les autorités de Ouagadougou, à la suite notamment d’un appel onusien à « préserver l’espace civique » dans le pays.

« Je regrette profondément la décision des autorités burkinabè de suspendre pour une durée indéterminée nos opérations dans le pays et le fait que les échanges intensifs menés avec elles depuis lors n’aient pas permis de régler la situation », a déclaré le haut-commissaire. Selon lui, cette suspension a eu « un impact direct et considérable » sur la capacité de son bureau à mettre pleinement en œuvre son mandat, le conduisant à « décider de mettre progressivement fin » à la présence de l’agence onusienne au Burkina Faso.

Le bureau du Haut-Commissariat avait été installé en octobre 2021, dans un contexte marqué depuis par une transition politique et un durcissement de la ligne des autorités vis-à-vis des acteurs extérieurs. Le pays est dirigé par un régime militaire conduit par le capitaine Ibrahim Traoré depuis le coup d’État de septembre 2022, et mène une politique revendiquée comme souverainiste, décrite comme répressive envers les voix critiques et hostile aux partenaires occidentaux, tout en affirmant ne pas se définir comme une démocratie.

Malgré la fermeture annoncée, Volker Türk insiste sur la volonté de maintenir un canal de coopération avec Ouagadougou. « Malgré cette fermeture, mon bureau et moi-même demeurons déterminés à soutenir le gouvernement, les institutions nationales, la société civile et les autres parties prenantes, ainsi qu’à coopérer avec eux, afin de continuer à promouvoir et à protéger les droits humains au Burkina Faso », a-t-il assuré. La fin de la présence physique du Haut-Commissariat dans le pays ouvre ainsi une nouvelle phase, plus distante, dans la relation entre l’ONU et les autorités burkinabè autour des enjeux de droits humains.

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Travaux au Palais Garnier : l’Opéra de Paris s’engage dans un marathon de modernisation

05.07.2026


L’Opéra de Paris se prépare à l’une des plus longues interruptions de l’histoire du Palais Garnier. La scène de l’édifice inauguré il y a 151 ans sera fermée de 2027 à 2032, soit cinq ans au lieu des deux initialement annoncés, en raison d’un allongement du calendrier des travaux de modernisation lié à la présence de plomb dans la cage de scène. La décision, dévoilée aux quelque 1.500 salariés puis confirmée à l’AFP par le directeur général Alexander Neef, marque un tournant pour une institution dont le vieillissement des bâtiments a été souligné par un rapport de la Cour des comptes.

Au départ, l’Opéra prévoyait un schéma alterné : deux ans de fermeture pour le Palais Garnier entre l’été 2027 et l’été 2029, puis deux ans pour l’Opéra Bastille entre mi‑2030 et mi‑2032. Le nouveau calendrier bouleverse cette organisation. Le chantier du Palais Garnier est désormais étalé sur cinq ans afin de permettre le retrait intégral du plomb dans les dessous et les dessus de scène, sous l’effet d’un renforcement de la réglementation et des exigences des organismes de prévention et de contrôle. En conséquence, les travaux de rénovation des équipements scéniques de Bastille, un temps envisagés à partir de 2030, ne démarreront qu’en 2033, pour une durée de deux ans.

L’objectif reste inchangé : moderniser en profondeur les cages de scène des deux sites, tant sur le plan scénique (machinerie) que sur celui du bâtiment (réseaux, traitement d’air, électricité). Comme dans de nombreux monuments historiques, la présence de plomb au Palais Garnier était connue et faisait déjà l’objet d’un suivi régulier, précise Alexander Neef. Le traitement de ce plomb figurait dans le projet initial, mais la nécessité désormais de le retirer intégralement dans la cage de scène prolonge considérablement l’opération et impose une première phase de chantier centrée sur ce retrait, avec son lot de nuisances, notamment bruits et vibrations.

Pour la direction, cette révision à la hausse du calendrier est assumée. « C’est un choix que nous assumons, un choix de responsabilité, un choix fait pour la pérennité de l’outil de travail », insiste Alexander Neef, qui affirme vouloir éviter d’ouvrir un nouveau chantier dans quelques années. Pendant que le Palais Garnier sera indisponible, l’Opéra de Paris maintiendra ses spectacles lyriques et chorégraphiques à l’Opéra Bastille, resté ouvert, et prévoit une programmation hors les murs dans d’autres salles de la capitale, comme le Théâtre des Champs‑Élysées, le Théâtre du Châtelet, le Théâtre de Chaillot ou le Théâtre de la Ville. La maison lyrique entre ainsi dans une longue période de transition, contrainte par des enjeux sanitaires et techniques, mais présentée comme un investissement pour la durée.