
À l’approche de la prochaine présidentielle, Jean-Luc Mélenchon hausse le ton face au Rassemblement national. Invité de l’émission « Dimanche en politique » sur France 3, le leader de La France insoumise s’est déclaré convaincu de pouvoir « éliminer » le candidat du RN, « peut-être » dès le premier tour, qu’il s’agisse de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella. Il a rappelé le précédent scrutin de 2022, lorsqu’un écart d’environ 420.000 voix l’avait empêché d’accéder au second tour face à Emmanuel Macron à la place de la cheffe du RN, donnée alors largement favorite dans les sondages.
Cinq ans plus tard, Jean-Luc Mélenchon estime que la dynamique pourrait cette fois lui être favorable. S’il ne parvenait pas à devancer le RN dès le premier tour, il affirme ne nourrir « pas le moindre doute » sur sa capacité à l’emporter au second. Selon lui, la société française n’est « pas un pays raciste », ni « suprémaciste », ni « islamophobe », un argument qu’il place au cœur de son discours face au parti à la flamme. Sans trancher entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, il a assuré que la question de son adversaire n’était « pas une affaire de goût personnel ».
Cette démonstration de confiance intervient alors que le RN traverse une phase d’incertitude stratégique. La cour d’appel de Paris doit rendre, dans les prochains jours, sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires d’eurodéputés FN/RN, un dossier de détournement de fonds publics évalué à 4,3 millions d’euros par le tribunal correctionnel. En première instance, Marine Le Pen a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Le verdict d’appel doit notamment éclaircir qui, de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, sera en mesure de porter les couleurs du parti à la prochaine présidentielle en cas de confirmation d’une inéligibilité de plus de deux ans.
Dans cette séquence où le RN tente d’afficher son unité et où l’issue judiciaire pourrait rebattre les cartes à droite, Jean-Luc Mélenchon se pose en principal rival du parti d’extrême droite et revendique un ancrage fort auprès de l’électorat jeune. « C’est moi qui suis le mieux placé, paraît-il, dans la jeunesse. Et ce n’est pas à cause de mon âge », a lancé le dirigeant de 74 ans, affirmant ne pas chercher à être « le copain » des jeunes, mais à se présenter comme prétendant à la présidence du pays. Tandis que le RN scrute le verdict de la cour d’appel pour clarifier son casting, le chef de file insoumis mise sur un scénario où son camp disputerait l’Élysée sans le Rassemblement national au second tour.

L’Opéra de Paris se prépare à l’une des plus longues interruptions de l’histoire du Palais Garnier. La scène de l’édifice inauguré il y a 151 ans sera fermée de 2027 à 2032, soit cinq ans au lieu des deux initialement annoncés, en raison d’un allongement du calendrier des travaux de modernisation lié à la présence de plomb dans la cage de scène. La décision, dévoilée aux quelque 1.500 salariés puis confirmée à l’AFP par le directeur général Alexander Neef, marque un tournant pour une institution dont le vieillissement des bâtiments a été souligné par un rapport de la Cour des comptes.
Au départ, l’Opéra prévoyait un schéma alterné : deux ans de fermeture pour le Palais Garnier entre l’été 2027 et l’été 2029, puis deux ans pour l’Opéra Bastille entre mi‑2030 et mi‑2032. Le nouveau calendrier bouleverse cette organisation. Le chantier du Palais Garnier est désormais étalé sur cinq ans afin de permettre le retrait intégral du plomb dans les dessous et les dessus de scène, sous l’effet d’un renforcement de la réglementation et des exigences des organismes de prévention et de contrôle. En conséquence, les travaux de rénovation des équipements scéniques de Bastille, un temps envisagés à partir de 2030, ne démarreront qu’en 2033, pour une durée de deux ans.
L’objectif reste inchangé : moderniser en profondeur les cages de scène des deux sites, tant sur le plan scénique (machinerie) que sur celui du bâtiment (réseaux, traitement d’air, électricité). Comme dans de nombreux monuments historiques, la présence de plomb au Palais Garnier était connue et faisait déjà l’objet d’un suivi régulier, précise Alexander Neef. Le traitement de ce plomb figurait dans le projet initial, mais la nécessité désormais de le retirer intégralement dans la cage de scène prolonge considérablement l’opération et impose une première phase de chantier centrée sur ce retrait, avec son lot de nuisances, notamment bruits et vibrations.
Pour la direction, cette révision à la hausse du calendrier est assumée. « C’est un choix que nous assumons, un choix de responsabilité, un choix fait pour la pérennité de l’outil de travail », insiste Alexander Neef, qui affirme vouloir éviter d’ouvrir un nouveau chantier dans quelques années. Pendant que le Palais Garnier sera indisponible, l’Opéra de Paris maintiendra ses spectacles lyriques et chorégraphiques à l’Opéra Bastille, resté ouvert, et prévoit une programmation hors les murs dans d’autres salles de la capitale, comme le Théâtre des Champs‑Élysées, le Théâtre du Châtelet, le Théâtre de Chaillot ou le Théâtre de la Ville. La maison lyrique entre ainsi dans une longue période de transition, contrainte par des enjeux sanitaires et techniques, mais présentée comme un investissement pour la durée.