Quatre députés du Rassemblement national disent avoir été radiés par leur banque en 2022

05.07.2026


Au moins quatre députés du Rassemblement national affirment avoir vu leurs comptes bancaires clôturés peu après leur élection aux législatives de 2022, selon des informations révélées par France Inter. Les élus concernés sont Stéphane Rambaud, député du Var, Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, Franck Allisio, élu dans les Bouches-du-Rhône, et Thomas Ménagé, député du Loiret. Tous indiquent avoir reçu un courrier de leur établissement les informant de la fermeture prochaine de leurs comptes, sans explication détaillée.

Les parlementaires assurent ne pas connaître les motifs précis de ces décisions et les attribuent à leur appartenance au Rassemblement national, dans un contexte où le parti n’est toujours pas parvenu à convaincre une banque française de lui prêter de l’argent pour la présidentielle de 2027. L’un des courriers cités par Thomas Ménagé mentionne simplement : « Nous n'avons plus convenance à maintenir nos relations commerciales. » Une formulation similaire aurait été adressée à d’autres députés, dont Franck Allisio, client de sa banque depuis l’âge de 18 ans, selon leurs témoignages.

Ces cas surviennent alors que les députés nouvellement élus entrent dans la catégorie des « personnes politiquement exposées » (PPE), selon la terminologie utilisée par le secteur financier et rappelée par la Banque de France. Ce statut signifie que les établissements considèrent ces profils comme « exposés à des risques plus élevés de blanchiment de capitaux ». Dans ce cadre, les banques disposent d’une marge d’appréciation renforcée pour accepter ou refuser de maintenir une relation d’affaires, et peuvent décider de s’en écarter.

Les élus concernés estiment néanmoins que la décision de leurs banques relève d’un positionnement vis-à-vis de leur formation politique. Ils affirment ne pas avoir obtenu d’éléments supplémentaires permettant de comprendre les critères appliqués dans leur cas précis. Ni les banques citées, ni les autorités de régulation n’ont détaillé publiquement les circonstances de ces fermetures de comptes, laissant ouvertes les questions sur la manière dont les établissements gèrent les risques liés aux personnes politiquement exposées, et sur les conséquences concrètes pour les acteurs de la vie publique.

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Coupes annoncées dans la culture : 28 scènes nationales sonnent l’alarme auprès de l’Élysée

05.07.2026


À la veille de l’ouverture du Festival d’Avignon, plusieurs organisations professionnelles du spectacle vivant ont adressé un courrier d’alerte à Emmanuel Macron. Elles disent avoir été informées de l’« annulation drastique » de crédits budgétaires alloués au service public de la culture, une perspective qui ferait peser un « risque sans précédent » sur 28 structures phares, selon la lettre également envoyée à la ministre de la Culture Catherine Pégard et au Premier ministre Sébastien Lecornu.

Signé notamment par la Réunion des opéras de France et par des associations de centres nationaux de danse et de théâtre, le courrier décrit un choc brutal pour les établissements les plus exposés. Ces 28 structures « risquent de ne pas pouvoir ouvrir leur saison avant janvier 2027 », au lieu de septembre, préviennent leurs dirigeants. Au-delà du décalage de calendrier, ils estiment que les opéras, orchestres, centres dramatiques nationaux, scènes nationales et autres établissements concernés « verraient leur activité brutalement interrompue » et « devront fermer au public en septembre 2027 » si les coupes se confirmaient.

Parmi les institutions citées figurent l’Opéra et l’Orchestre national de Lyon, le Théâtre national de Bordeaux Aquitaine, le Théâtre du Rond-Point à Paris, l’Orchestre national de Lille ou encore l’Opéra national de Bordeaux. Dans un communiqué séparé, les 28 signataires insistent sur l’ampleur de l’impact économique : « C’est toute une économie, tout un écosystème et une mission de service public qui seraient déstabilisés », écrivent-ils, en référence à la chaîne d’emplois et de prestataires gravitant autour du spectacle vivant.

Face à cette mobilisation, la ministre de la Culture a affirmé « se battre » pour que l’ensemble des crédits prévus pour 2026 puissent être engagés, indiquant concentrer notamment ses efforts auprès de Bercy. Les structures concernées réclament de leur côté une confirmation immédiate du maintien intégral des crédits 2026 et le versement sans délai des financements attendus, alors que la tension budgétaire intervient en amont d’une saison culturelle où la visibilité financière apparaît plus que jamais déterminante.