Montpellier : clap de fin pour Sauramps, la grande librairie du Polygone et d’Alès

05.07.2026


La librairie Sauramps, institution montpelliéraine fondée en 1946, va fermer ses portes après avoir été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Montpellier. L’enseigne, qui employait 54 salariés répartis entre le magasin du Polygone à Montpellier et la boutique d’Alès, était en redressement judiciaire depuis la mi-juin. L’activité, déjà fragilisée par des difficultés financières récurrentes depuis le milieu des années 2010, s’arrête l’année même où la librairie fêtait ses 80 ans.

La procédure de redressement, ouverte le 15 juin à la demande du propriétaire et actionnaire unique, l’architecte François Fontès, visait à tenter de sauver l’entreprise. Confrontée à une cessation de paiements, Sauramps n’était plus en mesure ni de régler ses dettes ni de commander de nouveaux livres. Fin mai, le propriétaire assurait pourtant ne pas vouloir « laisser tomber Sauramps » et disait souhaiter rester dans une partie des locaux qu’il détient. Mais aucun projet viable n’a émergé : aucune offre de reprise ni plan de continuation de l’activité n’a été déposée devant le tribunal.

Ce dernier rendez-vous judiciaire a donc entériné ce que salariés et acteurs du dossier craignaient depuis plusieurs semaines : l’arrêt immédiat de l’activité et la fermeture des deux librairies de Montpellier et d’Alès. À la sortie de l’audience, les représentants du personnel décrivent une décision vécue « comme une chape de plomb » qui s’abat sur l’équipe. Les rayons de plus en plus clairsemés ces derniers jours dans le centre-ville laissaient déjà présager l’issue. Début juin, les salariés dénonçaient aussi le manque de lien direct avec leur propriétaire, estimant que de ses décisions dépendait leur avenir.

Sur les réseaux sociaux, l’équipe de Sauramps a fait ses adieux à sa clientèle, saluant les lectrices et lecteurs « de tous âges, de tous horizons » qui ont fréquenté la librairie au cours des dernières décennies. Le message souligne le travail des libraires, qui ont partagé au quotidien leurs coups de cœur « avec passion ». Au-delà des emplois menacés, cette liquidation marque la disparition d’un acteur majeur de la vie culturelle montpelliéraine et d’une figure centrale du commerce du livre indépendant dans la région.

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Île-de-France : le pass Navigo Annuel fait son entrée sur Android après deux ans de retard

05.07.2026


Depuis le 2 juillet 2026, le pass Navigo Annuel franchit une nouvelle étape dans sa dématérialisation en arrivant sur les smartphones Android. Les abonnés franciliens dotés d’un forfait annuel classique ou senior peuvent désormais transférer leur titre sur un mobile compatible et valider directement aux portiques avec leur téléphone, sans même avoir à le déverrouiller. Une évolution attendue de longue date par les usagers, alors que les tickets et forfaits courts (Jour, Semaine, Mois, Liberté+) étaient déjà passés au numérique.

Le déploiement concerne 1,3 million d’abonnés, qui paient 998 euros par an pour circuler sur l’ensemble des zones d’Île-de-France. Île-de-France Mobilités étale l’opération sur deux semaines afin de gérer progressivement les transferts de titres. Cette bascule du support physique vers le smartphone intervient deux ans après la dématérialisation du passe mensuel, un décalage expliqué par des contraintes techniques et réglementaires, notamment liées à la lutte contre la fraude, estimée à 700 millions d’euros par an dans les transports franciliens.

Si les détenteurs de smartphones Android sont les premiers servis, la bascule ne sera pas immédiate pour tous. Les utilisateurs d’iPhone et d’Apple Watch devront patienter jusqu’à septembre 2026 pour intégrer leur Navigo Annuel à leur appareil. Les 1,4 million d’étudiants titulaires du forfait Imagine R devront, eux, attendre septembre 2027 pour bénéficier du même niveau de dématérialisation. Île-de-France Mobilités assume ainsi un calendrier progressif et inégal selon les publics, après plusieurs reports qui avaient suscité l’exaspération d’une partie des usagers.

Concrètement, les abonnés éligibles doivent passer par l’application Île-de-France Mobilités. Une fois l’application installée, il leur faut se connecter à l’onglet « Mon Espace », puis sélectionner l’option « Transférer mon Navigo Annuel ». Si le profil est compatible, l’abonnement est basculé sur le smartphone, qui devient alors le titre de transport unique. Pour l’autorité organisatrice, cette étape marque « une nouvelle étape de la simplification des déplacements en Île-de-France », tout en s’inscrivant dans une stratégie plus large de modernisation des titres de transport et de réduction de la fraude.