Métropole vs mairie : le retour des voitures ravive les tensions à Lyon

05.07.2026


La Métropole de Lyon va rouvrir le centre-ville au transit automobile en journée, un an après la mise en place d’une interdiction généralisée dans une large partie de la presqu’île. La présidente LR de la collectivité, Véronique Sarselli, a annoncé l’assouplissement de la zone à trafic limité (ZTL) instaurée en juin 2025 sur 55 hectares et une quinzaine de rues. La mesure, prise contre l’avis de la majorité municipale écologiste, marque un tournant dans la politique de mobilité du cœur de l’agglomération.

Jusqu’ici active en continu, la ZTL sera désormais restreinte aux nuits et aux week-ends au cours de l’été. Selon le nouveau calendrier, le dispositif s’appliquera du lundi au jeudi de 19h00 à 5h00, puis du vendredi à 15h00 jusqu’au lundi à 5h00, y compris les jours fériés. Véronique Sarselli défend une approche plus graduée, estimant qu’« une politique de mobilité doit être écologique, mais elle doit aussi être lisible, juste et acceptable », selon le communiqué publié à l’occasion de ses 100 premiers jours à la tête de la Métropole, qu’elle a reprise aux écologistes lors du dernier scrutin.

La collectivité justifie ce changement par les effets observés depuis un an. La Métropole relève que la ZTL « impacte » le travail des professionnels, qui représentent 85 % des ayants droit, et met en avant une baisse de 20 % de la fréquentation des parkings privés souterrains de la presqu’île depuis la mise en place du dispositif. Elle anticipe également une « économie de fonctionnement » liée à la diminution des demandes d’autorisation et des sollicitations, estimée entre 500.000 et un million d’euros par an.

Les effets positifs ne sont toutefois pas niés par l’exécutif métropolitain. La Métropole note que « les habitants saluent le retour du calme, notamment la nuit, après des années marquées par les rodéos urbains », et fait état d’une hausse de la fréquentation piétonne le samedi dans le périmètre concerné. C’est précisément cet équilibre entre apaisement du trafic, vitalité commerciale et accessibilité qui se retrouve au cœur du bras de fer politique local.

Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, s’est montré particulièrement critique à l’égard de ce revirement, jugeant qu’« il n’y a rien qui va dans cette décision ». Opposé à la réouverture diurne au transit automobile, il a proposé à la présidente LR d’organiser un référendum local sur l’avenir de la piétonnisation de la presqu’île, afin de trancher la question par la consultation directe des habitants. La séquence illustre les divergences persistantes entre la mairie écologiste et la Métropole désormais dirigée par la droite sur la trajectoire de transformation du centre de Lyon.

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L’ultradroite la plus radicale face aux juges: retour sur un procès hors norme

05.07.2026


Le tribunal correctionnel de Paris a condamné six hommes, issus de la mouvance d’ultradroite pronazie, à des peines allant jusqu’à sept ans de prison pour un vaste trafic d’armes. Cinq d’entre eux, âgés de 22 à 25 ans, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroriste, au terme d’un procès ouvert le 23 juin et clos vendredi 3 juillet après huit jours d’audience. Les juges ont retenu l’existence d’un réseau structuré gravitant autour de l’extrême droite la plus radicale, où la circulation d’armes côtoyait des projets de violences ciblées.

Selon l’enquête, ce noyau de sympathisants néonazis nourrissait des projets violents visant des juifs, des musulmans, la communauté LGBTQ+ ainsi que des militants de gauche. Parmi les cinq jeunes condamnés figurent deux anciens militaires, dont l’un a été décrit à l’audience comme le pivot du trafic. Cet ex-soldat, élevé dans un environnement marqué par l’antisémitisme et un traditionalisme catholique, a lui aussi écopé de sept ans de prison, mais sans période de sûreté, la procureure estimant qu’il avait en partie « évolué ».

La peine la plus lourde, sept ans de prison assortis d’une période de sûreté aux deux tiers et d’un suivi sociojudiciaire de six ans, a visé le plus jeune des prévenus. Né d’une mère japonaise et d’un père marocain, il a réaffirmé à l’audience son rejet du métissage, tout en expliquant avoir « délaissé certaines thèses » d’ultradroite mais en avoir « gardé d’autres ». Son attitude jugée particulièrement rigide a pesé dans la décision. Son avocate, Dominique Petit, a annoncé son intention de faire appel, ouvrant la voie à un possible second round judiciaire.

Le sixième homme, un policier retraité de 61 ans, a pour sa part été condamné à cinq ans de prison pour trafic d’armes, dont 25 mois assortis d’un sursis probatoire sur trois ans. Les magistrats ont souligné que l’enquête n’avait pas établi qu’il avait conscience d’alimenter des projets d’attentats. La partie ferme de sa peine sera purgée sous bracelet électronique. Ces condamnations, qui frappent un groupe mêlant civils, ex-militaires et ancien policier, illustrent la vigilance accrue de la justice française face aux dérives violentes de l’ultradroite radicale et à la circulation d’armes en marge des institutions.