Manifestations contre les violences sexuelles : les associations veulent sortir du saupoudrage législatif

05.07.2026


Portée par l’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna, une vague de manifestations a déferlé samedi dans toute la France pour dénoncer les violences sexuelles et réclamer une « loi-cadre intégrale » sur le sujet. À l’appel de 180 associations féministes et de défense des enfants, des milliers de personnes, souvent venues en famille, ont défilé dans environ 110 villes. À Paris, la marche partie de la place de la Bastille pour rejoindre Nation a rassemblé 100 000 personnes selon les organisateurs, qui parlent d’une « mobilisation historique contre les violences sexuelles ». La préfecture de police a, elle, comptabilisé 6 440 manifestants dans la capitale.

En province, les organisateurs revendiquent également 110 rassemblements, de Nantes à Bordeaux en passant par Toulouse, pour un total de 10 700 participants d’après une source policière. À Rennes, 200 à 300 personnes se sont réunies dans la matinée. Parmi elles, François Rouillard, 43 ans, père de deux filles, dit souhaiter « un peu plus d’éducation au niveau de l’école » et, plus largement, que l’on parle davantage « du rapport hommes-femmes, du respect ». Dans les cortèges, les slogans ciblent à la fois la protection des mineurs et les moyens de l’État : « La vérité sort de la bouche des enfants », « 160 000 enfants, que faites-vous ? », « Darmanin, des moyens ! » résonnaient sur des musiques d’Angèle et Clara Luciani.

Au-delà de la démonstration de force, le cœur des revendications porte sur un changement de méthode législative. Les associations réunies exigent une loi « globale », et non plus des « mesures et des lois parcellaires, dictées par l’urgence d’affaires successives ». Elles appellent à un texte pensé « à 360 degrés » pour lutter contre les violences sexuelles, depuis la prévention et la formation jusqu’au traitement judiciaire et à l’accompagnement des victimes, en particulier les plus vulnérables. Dans les rangs des manifestants, certains dénoncent une justice « sous-dotée en moyens » et une prise en charge qui, selon eux, fait peser une forte charge sur les plaignants, comme en témoigne cette lycéenne de 17 ans racontant les difficultés rencontrées lors du dépôt de sa plainte pour viol.

La forte mobilisation place l’exécutif et le législateur sous pression alors que les critiques se multiplient sur la réponse institutionnelle aux violences sexuelles, notamment dans les écoles et au sein des familles. Des manifestants affirment être directement touchés par des agressions survenues dans les établissements de leurs enfants et pointent des responsables politiques accusés de « faire semblant de prendre des mesures ». Les organisateurs préviennent qu’ils ne se satisfont plus de réponses jugées fragmentaires et entendent maintenir la pression pour obtenir une loi-cadre intégrale, sans préciser de calendrier mais en faisant de cette journée une étape dans un rapport de force appelé à durer.

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L’ultradroite la plus radicale face aux juges: retour sur un procès hors norme

05.07.2026


Le tribunal correctionnel de Paris a condamné six hommes, issus de la mouvance d’ultradroite pronazie, à des peines allant jusqu’à sept ans de prison pour un vaste trafic d’armes. Cinq d’entre eux, âgés de 22 à 25 ans, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroriste, au terme d’un procès ouvert le 23 juin et clos vendredi 3 juillet après huit jours d’audience. Les juges ont retenu l’existence d’un réseau structuré gravitant autour de l’extrême droite la plus radicale, où la circulation d’armes côtoyait des projets de violences ciblées.

Selon l’enquête, ce noyau de sympathisants néonazis nourrissait des projets violents visant des juifs, des musulmans, la communauté LGBTQ+ ainsi que des militants de gauche. Parmi les cinq jeunes condamnés figurent deux anciens militaires, dont l’un a été décrit à l’audience comme le pivot du trafic. Cet ex-soldat, élevé dans un environnement marqué par l’antisémitisme et un traditionalisme catholique, a lui aussi écopé de sept ans de prison, mais sans période de sûreté, la procureure estimant qu’il avait en partie « évolué ».

La peine la plus lourde, sept ans de prison assortis d’une période de sûreté aux deux tiers et d’un suivi sociojudiciaire de six ans, a visé le plus jeune des prévenus. Né d’une mère japonaise et d’un père marocain, il a réaffirmé à l’audience son rejet du métissage, tout en expliquant avoir « délaissé certaines thèses » d’ultradroite mais en avoir « gardé d’autres ». Son attitude jugée particulièrement rigide a pesé dans la décision. Son avocate, Dominique Petit, a annoncé son intention de faire appel, ouvrant la voie à un possible second round judiciaire.

Le sixième homme, un policier retraité de 61 ans, a pour sa part été condamné à cinq ans de prison pour trafic d’armes, dont 25 mois assortis d’un sursis probatoire sur trois ans. Les magistrats ont souligné que l’enquête n’avait pas établi qu’il avait conscience d’alimenter des projets d’attentats. La partie ferme de sa peine sera purgée sous bracelet électronique. Ces condamnations, qui frappent un groupe mêlant civils, ex-militaires et ancien policier, illustrent la vigilance accrue de la justice française face aux dérives violentes de l’ultradroite radicale et à la circulation d’armes en marge des institutions.