Le tribunal administratif de Besançon a validé en référé un arrêté municipal controversé du maire Les Républicains, Ludovic Fagaut, qui interdit l’occupation prolongée de l’espace public dans certaines zones de la ville. Saisi en urgence par l’opposition de gauche et plusieurs associations, le juge des référés a estimé que l’édile avait démontré « la réalité des troubles à l’ordre public générés par des individus occupant de manière prolongée l’espace public », en s’appuyant notamment sur des mains courantes et des interventions de la police. La mesure, qui vise en pratique des SDF, mendiants et personnes qualifiées de « marginaux », demeure donc applicable dans l’attente d’un examen au fond.
Pour le tribunal, l’interdiction présente un caractère « proportionné », car elle est « limitée dans le temps et circonscrite à certains secteurs ». L’arrêté, pris après l’élection de Ludovic Fagaut en mars face à la maire écologiste sortante Anne Vignot, s’applique du 1er juin au 15 octobre dans le centre-ville et dans une zone commerciale de Besançon. La mairie fait valoir une série d’incidents imputés à ces occupations, évoquant violences, rixes entre personnes sans domicile fixe installées devant des pas-de-porte, ainsi que des passants importunés ou insultés.
Les élus d’opposition (PS, écologistes, PCF et LFI), la Fédération des acteurs de la solidarité et un requérant individuel dénoncent une mesure qui, selon eux, porte une « atteinte grave à la liberté d’aller et venir et à la dignité des personnes les plus précaires ». Ils voient dans le dispositif un outil de mise à l’écart de la pauvreté des espaces commerciaux et touristiques, plutôt qu’une réponse structurelle aux difficultés sociales. Pour ces opposants, la régulation de l’espace public empiète sur des libertés fondamentales, en ciblant de fait des personnes en grande précarité.
La décision rendue jeudi ne clôt pas le dossier. Le jugement sur le fond de la légalité de l’arrêté doit encore intervenir, une audience qui ne devrait pas avoir lieu avant le 15 octobre. D’ici là, la municipalité est confortée dans sa stratégie de maîtrise de l’espace public, tandis que la bataille politique et associative se poursuit autour de l’équilibre entre impératif d’ordre public et respect des droits des personnes sans abri ou en situation de mendicité dans la capitale du Doubs.

La France affronte déjà son troisième épisode de fortes chaleurs depuis le début de l’année, quelques jours seulement après une canicule qualifiée d’historique. Dimanche, sept départements du Sud – l’Ardèche, l’Aude, la Drôme, le Gard, le Vaucluse, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales – ont été placés en vigilance orange canicule, avec des températures pouvant avoisiner les 40 °C, notamment en ex-région Languedoc-Roussillon. Météo-France prévoit que les fortes chaleurs gagneront du terrain vers le nord ce lundi 6 juillet 2026 et n’exclut pas d’étendre la vigilance à d’autres territoires.
Si les prévisionnistes soulignent que « les températures sont un cran en dessous » de celles enregistrées lors de la précédente canicule, la nouvelle vague pourrait se prolonger jusqu’au week-end prochain. Les minimales restent élevées sur le pourtour méditerranéen et dans la moyenne vallée du Rhône, souvent comprises entre 21 et 25 °C, avec des pointes à 27 °C localement. Ce troisième épisode survient après une séquence de mai jugée exceptionnelle par sa précocité et une canicule de deux semaines dans la seconde moitié de juin, pendant laquelle les températures moyennes ont atteint des niveaux records et entraîné de graves conséquences sanitaires.
La répétition des fortes chaleurs s’accompagne d’un risque d’incendie particulièrement élevé dans les régions méditerranéennes. Météo-France met en garde contre des vents parfois forts susceptibles de favoriser la propagation des feux et classe sept départements du Sud en « risque très élevé » dans son bulletin dédié à la météo des forêts. Dans les Pyrénées-Orientales, un incendie déclenché samedi soir dans un massif difficile d’accès à Trévillach a parcouru près de 1 000 hectares. Selon la préfecture, le feu « n’est plus en propagation libre » mais reste sous surveillance. Dans la Drôme, un incendie de forêt qui brûle depuis trois jours dans une zone montagneuse inhabitée a plus que doublé de superficie dans la nuit, mobilisant plus de 300 pompiers qui tentent d’en ralentir la progression jugée « défavorable ».
Au-delà de la gestion d’urgence, la nouvelle offensive du thermomètre ravive un débat politique déjà vif sur la manière d’adapter le pays à des canicules appelées à devenir plus fréquentes et plus intenses. La question de la climatisation s’est imposée comme un symbole des divergences de stratégie. Lors de l’épisode de juin, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s’est opposée à l’idée de déployer « la clim partout » comme réponse à l’adaptation au changement climatique, tandis que le Rassemblement national défendait un « plan clim » chiffré à 40 milliards d’euros.
Dimanche, le chercheur François Gemenne, coauteur de rapports du GIEC, est venu bousculer le débat en prenant clairement position en faveur d’un recours accru à la climatisation. « Je ne comprends pas les gens (...) qui s’obstinent à refuser la climatisation. Ça veut dire qu’ils acceptent de transformer les canicules en tract électoral pour le RN », a-t-il déclaré sur France Info, visant explicitement la ministre de la Transition écologique. Sur fond de vigilance orange, de forêts en flammes et de mortalité en hausse lors des précédents épisodes, la France se retrouve ainsi à arbitrer entre impératifs sanitaires immédiats, maîtrise de la demande énergétique et stratégie de long terme face à des étés de plus en plus extrêmes.