Incendies en série et chaleur en hausse : le gouvernement mise sur la prudence plutôt que l’alerte rouge

05.07.2026


Depuis Marseille, où il présidait jeudi une cellule interministérielle de crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dressé le tableau d’un début d’été sous haute pression, marqué par le retour imminent de la chaleur et une multiplication des départs de feux dans le sud du pays. Tout en confirmant qu’« aucun département ne devrait être classifié en rouge pour ce week-end » sur le front de la canicule, il a appelé à « rester évidemment très prudent » face à une situation qu’il juge « tendue ».

Selon le chef du gouvernement, la France a déjà enregistré « pratiquement 7 000 départs de feu depuis le début de la saison » et « 8 700 hectares brûlés », dont 1 200 pour la seule journée de mercredi. Plusieurs foyers ont mobilisé massivement les secours dans le sud : dans l’Aude, un incendie a parcouru environ 950 hectares, tandis qu’au nord de Marseille deux sinistres distincts ont ravagé près de 300 hectares avant d’être finalement fixés jeudi. Près de 2 000 sapeurs-pompiers ont été déployés quotidiennement depuis deux jours pour contenir ces feux précoces.

Sur le plan météorologique, la chaleur « va repartir » ce week-end des 4 et 5 juillet, sans toutefois atteindre, selon les prévisions du gouvernement et de Météo-France, les seuils d’une vigilance rouge. L’établissement public a néanmoins placé dès vendredi cinq départements du Sud – Alpes-Maritimes, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Hérault et Pyrénées-Orientales – en vigilance jaune canicule. Ces nouveaux épisodes surviennent « pratiquement 15 jours, trois semaines en amont des périodes habituelles », a relevé Sébastien Lecornu, qui anticipe « du fil à retordre en matière d’endurance » pour les services de secours et les moyens aériens, notamment les Canadair.

Face à cette combinaison de vagues de chaleur avancées et d’incendies récurrents, l’exécutif a choisi de maintenir un dispositif d’urgence renforcé, avec la poursuite du plan Orsan au niveau 3 pour le week-end afin de soutenir des hôpitaux déjà soumis à des tensions. S’il écarte pour l’instant un passage en vigilance rouge canicule, le gouvernement insiste sur la nécessité de la prudence individuelle et collective, alors que la saison des risques climatiques ne fait que commencer et que les capacités d’intervention sont déjà fortement sollicitées.

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Compte à rebours pour Duralex, en quête d’un repreneur industriel

05.07.2026


Le compte à rebours est lancé pour Duralex. Placée en redressement judiciaire le 1er juin, la verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) est désormais engagée dans un plan de cession validé par le tribunal de commerce d’Orléans début juillet. Les candidats à la reprise ont jusqu’au 6 août pour déposer un dossier complet, avant une audience clé fixée au 17 septembre qui doit examiner les offres et tracer les lignes du futur de l’entreprise et de ses 243 salariés.

Fondée en 1945 et connue pour ses verres de cantine réputés incassables, Duralex affronte son cinquième redressement judiciaire en un peu plus de vingt ans. Deux ans après avoir été reprise en Scop par ses propres salariés, l’usine n’a pas réussi à surmonter ses difficultés financières. Le tribunal a accordé une période d’observation de six mois avec poursuite d’activité, mais le sort du site et de son savoir-faire industriel dépend désormais de l’issue du plan de cession.

Selon le syndicat Force ouvrière, une quarantaine de marques d’intérêt ont été recensées, sans qu’aucune ne se soit pour l’instant concrétisée en offre formalisée. À l’audience, aucun nom de repreneur potentiel n’a été évoqué. Les syndicats insistent sur la nécessité d’un « projet industriel sérieux » porté par un repreneur « compétent » capable de maintenir l’activité sur le site. Des élus locaux alertent sur le risque de voir émerger des candidats intéressés par la seule marque Duralex, sans engagement sur la production et l’outil industriel.

Dans l’usine, l’activité a été ajustée pour préserver la trésorerie. La production, mise en pause le 12 juin afin de réduire les charges et de concentrer les équipes sur l’emballage et la préparation des commandes, a redémarré avec la relance d’une ligne de fabrication. À l’extérieur, une quarantaine de militants, à l’appel de la CGT, se sont rassemblés devant le tribunal d’Orléans lors de la dernière audience pour afficher leur soutien à la verrerie et rappeler l’enjeu social et industriel de ce nouveau tournant pour Duralex.