
La canicule se transforme en bras de fer politique à l’Assemblée nationale. Le groupe écologiste a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement, qu’il accuse d’avoir mal géré l’épisode de chaleur extrême. Cyrielle Châtelain, présidente du groupe écologiste, a confirmé mardi 30 juin l’initiative, emboîtant le pas à la députée Sandrine Rousseau, qui appelait déjà à sanctionner « un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu ».
La démarche intervient alors que le bilan humain définitif de la canicule reste encore incertain. Pour les élus écologistes, la séquence met en lumière l’« absence de politique d’adaptation » de l’exécutif face aux vagues de chaleur, désormais récurrentes. Sur Sud Radio, Sandrine Rousseau a estimé qu’« un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu et qui génère autant de morts, alors il ne mérite pas de rester », assumant la volonté de « poser un rapport de force » avec l’équipe au pouvoir.
En parallèle de la motion de censure, les écologistes veulent ouvrir un front plus structurel sur la réponse de l’État au dérèglement climatique. Léa Balage El Mariky, porte-parole du groupe Écologiste et Social, a annoncé le dépôt d’une demande de commission d’enquête parlementaire portant sur les choix de l’exécutif en matière d’adaptation à la canicule. Elle interroge notamment la capacité des administrations à protéger les personnes vulnérables et le niveau des moyens consacrés à la prévention.
Selon Léa Balage El Mariky, la commission d’enquête reste la priorité immédiate du groupe. « Nous n’en sommes pas (à voter la censure du gouvernement), ce que nous souhaitons c’est d’abord une commission d’enquête », a-t-elle déclaré, tout en jugeant la censure « légitime » à ce stade du débat. Une résolution devra être inscrite à l’ordre du jour et adoptée pour qu’une commission voie le jour. Si la voie de la censure est pleinement engagée, les écologistes auront besoin de partenaires pour réunir les 58 signatures requises, ouvrant la porte à d’éventuelles recompositions ponctuelles au sein de l’Assemblée autour de la question climatique.

Depuis le 2 juillet 2026, le pass Navigo Annuel franchit une nouvelle étape dans sa dématérialisation en arrivant sur les smartphones Android. Les abonnés franciliens dotés d’un forfait annuel classique ou senior peuvent désormais transférer leur titre sur un mobile compatible et valider directement aux portiques avec leur téléphone, sans même avoir à le déverrouiller. Une évolution attendue de longue date par les usagers, alors que les tickets et forfaits courts (Jour, Semaine, Mois, Liberté+) étaient déjà passés au numérique.
Le déploiement concerne 1,3 million d’abonnés, qui paient 998 euros par an pour circuler sur l’ensemble des zones d’Île-de-France. Île-de-France Mobilités étale l’opération sur deux semaines afin de gérer progressivement les transferts de titres. Cette bascule du support physique vers le smartphone intervient deux ans après la dématérialisation du passe mensuel, un décalage expliqué par des contraintes techniques et réglementaires, notamment liées à la lutte contre la fraude, estimée à 700 millions d’euros par an dans les transports franciliens.
Si les détenteurs de smartphones Android sont les premiers servis, la bascule ne sera pas immédiate pour tous. Les utilisateurs d’iPhone et d’Apple Watch devront patienter jusqu’à septembre 2026 pour intégrer leur Navigo Annuel à leur appareil. Les 1,4 million d’étudiants titulaires du forfait Imagine R devront, eux, attendre septembre 2027 pour bénéficier du même niveau de dématérialisation. Île-de-France Mobilités assume ainsi un calendrier progressif et inégal selon les publics, après plusieurs reports qui avaient suscité l’exaspération d’une partie des usagers.
Concrètement, les abonnés éligibles doivent passer par l’application Île-de-France Mobilités. Une fois l’application installée, il leur faut se connecter à l’onglet « Mon Espace », puis sélectionner l’option « Transférer mon Navigo Annuel ». Si le profil est compatible, l’abonnement est basculé sur le smartphone, qui devient alors le titre de transport unique. Pour l’autorité organisatrice, cette étape marque « une nouvelle étape de la simplification des déplacements en Île-de-France », tout en s’inscrivant dans une stratégie plus large de modernisation des titres de transport et de réduction de la fraude.