
La canicule se transforme en bras de fer politique à l’Assemblée nationale. Le groupe écologiste a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement, qu’il accuse d’avoir mal géré l’épisode de chaleur extrême. Cyrielle Châtelain, présidente du groupe écologiste, a confirmé mardi 30 juin l’initiative, emboîtant le pas à la députée Sandrine Rousseau, qui appelait déjà à sanctionner « un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu ».
La démarche intervient alors que le bilan humain définitif de la canicule reste encore incertain. Pour les élus écologistes, la séquence met en lumière l’« absence de politique d’adaptation » de l’exécutif face aux vagues de chaleur, désormais récurrentes. Sur Sud Radio, Sandrine Rousseau a estimé qu’« un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu et qui génère autant de morts, alors il ne mérite pas de rester », assumant la volonté de « poser un rapport de force » avec l’équipe au pouvoir.
En parallèle de la motion de censure, les écologistes veulent ouvrir un front plus structurel sur la réponse de l’État au dérèglement climatique. Léa Balage El Mariky, porte-parole du groupe Écologiste et Social, a annoncé le dépôt d’une demande de commission d’enquête parlementaire portant sur les choix de l’exécutif en matière d’adaptation à la canicule. Elle interroge notamment la capacité des administrations à protéger les personnes vulnérables et le niveau des moyens consacrés à la prévention.
Selon Léa Balage El Mariky, la commission d’enquête reste la priorité immédiate du groupe. « Nous n’en sommes pas (à voter la censure du gouvernement), ce que nous souhaitons c’est d’abord une commission d’enquête », a-t-elle déclaré, tout en jugeant la censure « légitime » à ce stade du débat. Une résolution devra être inscrite à l’ordre du jour et adoptée pour qu’une commission voie le jour. Si la voie de la censure est pleinement engagée, les écologistes auront besoin de partenaires pour réunir les 58 signatures requises, ouvrant la porte à d’éventuelles recompositions ponctuelles au sein de l’Assemblée autour de la question climatique.
La justice française a refermé jeudi un chapitre clé du long parcours judiciaire de José Antonio Urrutikoetxea, dit Josu Ternera, figure historique de l’organisation armée basque ETA. La cour d’appel de Paris l’a acquitté du chef d’« association de malfaiteurs terroriste » pour la période 2002-2005, estimant qu’il n’existait pas de preuves suffisantes de son appartenance à l’organisation durant ces années où il vivait en clandestinité sur le territoire français. Cette décision met fin au dernier dossier encore ouvert contre lui en France, après plus de quatre ans de procédures depuis son arrestation dans les Alpes en mai 2019.
Les magistrats parisiens ont jugé que les éléments avancés par le parquet – principalement des empreintes digitales et des traces ADN retrouvées dans des caches ou appartements de l’ETA à Lourdes et Villeneuve-sur-Lot en 2002 et 2005 – ne permettaient pas de démontrer ni les éléments matériels ni l’intention criminelle nécessaires à une condamnation. La présidente du tribunal a donc prononcé l’absolution, à rebours des réquisitions du ministère public, qui réclamait cinq ans de prison avec sursis et une mesure d’expulsion définitive du territoire français. Le parquet conserve la possibilité de faire appel de ce jugement, faute de quoi il deviendra définitif.
Paradoxalement, cet acquittement ne rapproche pas l’ancien dirigeant d’ETA d’une remise en liberté durable, mais d’un transfert vers l’Espagne. La disparition de toute affaire pendante en France fait tomber la dernière barrière juridique à l’exécution des mandats d’arrêt européens émis par la justice espagnole. La cour d’appel de Paris avait déjà accepté, début juin, le principe d’une euro-ordonnance de l’Audiencia Nacional, mais en avait différé l’exécution dans l’attente de la décision sur ce dernier dossier. Avec l’absolution de jeudi, la voie est désormais libre pour sa remise aux autorités judiciaires espagnoles.
Âgé de 75 ans et souffrant de problèmes de santé, Josu Ternera est réclamé par Madrid dans le cadre de deux procédures distinctes. L’une porte sur sa présumée implication dans l’attentat contre la caserne de la Garde civile à Saragosse en 1987, qui avait fait onze morts, dont cinq enfants. L’autre enquête concerne la supposée utilisation du réseau de herriko tabernas, des bars liés à la mouvance abertzale, pour le financement d’ETA. Après plus de seize ans de cavale, son arrestation en 2019 avait relancé ces dossiers côté espagnol. Désormais, avec la fermeture du contentieux français, la décision parisienne marque un tournant : elle ne disculpe pas l’ancien responsable basque des affaires instruites en Espagne, mais en rapproche au contraire l’examen par les tribunaux de l’autre côté des Pyrénées.