Cocaïne camouflée, trafiquants high-tech : les douanes françaises changent d’échelle

03.07.2026


Le gouvernement français engage un tournant industriel dans la lutte contre le narcotrafic. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a présenté un « plan douanes 2030 » doté de 419 millions d’euros, articulé autour d’un renforcement massif des capacités de contrôle et de nouveaux recrutements. L’objectif affiché est de répondre à la « déferlante » de cocaïne qui transite par les ports, les aéroports et les centres logistiques, alors que les saisies de stupéfiants ont déjà atteint des niveaux records.

Le plan s’inscrit dans la feuille de route tracée en janvier par Emmanuel Macron, qui avait demandé au gouvernement de « muscler » la riposte dans les grands hubs de fret et d’accroître la mobilisation aux Antilles, décrites comme l’une des principales portes d’entrée des drogues en France. Les douanes avaient saisi près de 109 tonnes de produits stupéfiants en 2025, dont plus de 31 tonnes de cocaïne. Sur le seul premier semestre 2026, David Amiel fait état d’une nouvelle hausse de 30 % des saisies, signe, selon lui, d’un « choc d’offres » porté par des réseaux structurés et très bien équipés.

Pour combler le retard technologique que le ministre pointe face à des narcotrafiquants recourant à des « technologies de pointe », le plan mise sur un « choc capacitaire ». D’ici 2030, 25 scanners supplémentaires doivent être déployés sur l’ensemble du territoire : des scanners fixes présentés comme de véritables « infrastructures industrielles », capables de traiter à très grande vitesse un volume important de conteneurs, mais aussi des scanners mobiles spécialisés dans les ports et des scanners tomographes destinés aux centres postaux. L’exécutif veut ainsi rapprocher le dispositif français des standards observés ces dernières années dans les ports de Belgique et des Pays-Bas, qui font figure de référence européenne en matière de contrôle de flux massifs.

L’effort ne se limite pas aux équipements. Le plan prévoit 545 créations nettes d’emplois pour une administration qui compte aujourd’hui environ 16 500 agents. Selon le directeur général des douanes, Florian Colas, la moitié de ces postes sera affectée aux services de première ligne, c’est-à-dire aux unités de contrôle physiquement présentes sur le terrain, tandis qu’environ 20 % renforceront les cellules de ciblage en amont et les services d’investigation en aval. Cette montée en puissance vise aussi à répondre à l’évolution des modes de dissimulation : la cocaïne n’est plus seulement cachée dans des cargaisons, mais parfois chimiquement modifiée ou dissimulée au point d’échapper aux capteurs traditionnels comme les scanners classiques ou les chiens renifleurs.

À terme, l’enjeu pour l’État est de repositionner la douane comme un acteur doté d’outils industriels et numériques à grande échelle, capable d’absorber la croissance des flux commerciaux tout en filtrant plus finement les cargaisons à risque. En misant à la fois sur l’extension des capacités de scan, le renforcement des équipes de terrain et l’amélioration du ciblage en amont, le plan Douanes 2030 tente de répondre à la montée en puissance de réseaux qualifiés de « tentaculaires », sans entraver la fluidité des échanges dont dépendent ports, aéroports et plateformes logistiques.

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Île-de-France : le pass Navigo Annuel fait son entrée sur Android après deux ans de retard

05.07.2026


Depuis le 2 juillet 2026, le pass Navigo Annuel franchit une nouvelle étape dans sa dématérialisation en arrivant sur les smartphones Android. Les abonnés franciliens dotés d’un forfait annuel classique ou senior peuvent désormais transférer leur titre sur un mobile compatible et valider directement aux portiques avec leur téléphone, sans même avoir à le déverrouiller. Une évolution attendue de longue date par les usagers, alors que les tickets et forfaits courts (Jour, Semaine, Mois, Liberté+) étaient déjà passés au numérique.

Le déploiement concerne 1,3 million d’abonnés, qui paient 998 euros par an pour circuler sur l’ensemble des zones d’Île-de-France. Île-de-France Mobilités étale l’opération sur deux semaines afin de gérer progressivement les transferts de titres. Cette bascule du support physique vers le smartphone intervient deux ans après la dématérialisation du passe mensuel, un décalage expliqué par des contraintes techniques et réglementaires, notamment liées à la lutte contre la fraude, estimée à 700 millions d’euros par an dans les transports franciliens.

Si les détenteurs de smartphones Android sont les premiers servis, la bascule ne sera pas immédiate pour tous. Les utilisateurs d’iPhone et d’Apple Watch devront patienter jusqu’à septembre 2026 pour intégrer leur Navigo Annuel à leur appareil. Les 1,4 million d’étudiants titulaires du forfait Imagine R devront, eux, attendre septembre 2027 pour bénéficier du même niveau de dématérialisation. Île-de-France Mobilités assume ainsi un calendrier progressif et inégal selon les publics, après plusieurs reports qui avaient suscité l’exaspération d’une partie des usagers.

Concrètement, les abonnés éligibles doivent passer par l’application Île-de-France Mobilités. Une fois l’application installée, il leur faut se connecter à l’onglet « Mon Espace », puis sélectionner l’option « Transférer mon Navigo Annuel ». Si le profil est compatible, l’abonnement est basculé sur le smartphone, qui devient alors le titre de transport unique. Pour l’autorité organisatrice, cette étape marque « une nouvelle étape de la simplification des déplacements en Île-de-France », tout en s’inscrivant dans une stratégie plus large de modernisation des titres de transport et de réduction de la fraude.