
Le Maroc vient de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation numérique et industrielle. À Rabat, le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, ainsi que le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration ont signé une convention de partenariat avec ALTEN Maroc. Cet accord public-privé a pour objectif de structurer un écosystème d’excellence en intelligence artificielle (IA) et en technologies industrielles, afin de renforcer la compétitivité du Royaume et d’accélérer sa transition vers l’Industrie 4.0.
La convention s’inscrit dans le sillage des Hautes Orientations Royales, qui placent le développement du capital humain au cœur de la montée en puissance industrielle et de la digitalisation du pays. Elle vise à doter les jeunes des compétences nécessaires dans les technologies de pointe, tout en consolidant le rôle de l’université comme moteur d’innovation, de recherche et de développement économique. Le dispositif entend également renforcer les synergies entre secteurs public et privé, considérées comme essentielles pour faire émerger des projets à forte valeur ajoutée dans les métiers du numérique et de l’IA.
Ce partenariat est étroitement articulé avec la stratégie nationale « Maroc Digital 2030 » et la feuille de route « AI Made in Morocco ». Les autorités veulent ainsi positionner le Royaume comme un acteur de l’innovation technologique responsable et des technologies dites souveraines, dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur industrielles. La convention accompagne par ailleurs la dynamique de transformation du système national d’enseignement supérieur, de recherche scientifique et d’innovation, en alignant davantage la formation et la recherche sur les besoins de l’économie numérique et industrielle.
Trois enjeux majeurs sont placés au centre de cet accord avec ALTEN Maroc : la montée en compétences et l’accompagnement des talents marocains dans les métiers du digital et de l’IA, l’accélération de la transition industrielle vers le modèle 4.0, et la structuration d’un écosystème d’excellence capable de soutenir durablement la compétitivité du Royaume. En misant sur un partenariat public-privé, Rabat cherche à créer un cadre opérationnel propice à l’émergence de solutions innovantes, tout en ancrant sa stratégie dans des objectifs de souveraineté technologique et de développement économique à long terme.

Le compte à rebours est lancé pour Duralex. Placée en redressement judiciaire le 1er juin, la verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) est désormais engagée dans un plan de cession validé par le tribunal de commerce d’Orléans début juillet. Les candidats à la reprise ont jusqu’au 6 août pour déposer un dossier complet, avant une audience clé fixée au 17 septembre qui doit examiner les offres et tracer les lignes du futur de l’entreprise et de ses 243 salariés.
Fondée en 1945 et connue pour ses verres de cantine réputés incassables, Duralex affronte son cinquième redressement judiciaire en un peu plus de vingt ans. Deux ans après avoir été reprise en Scop par ses propres salariés, l’usine n’a pas réussi à surmonter ses difficultés financières. Le tribunal a accordé une période d’observation de six mois avec poursuite d’activité, mais le sort du site et de son savoir-faire industriel dépend désormais de l’issue du plan de cession.
Selon le syndicat Force ouvrière, une quarantaine de marques d’intérêt ont été recensées, sans qu’aucune ne se soit pour l’instant concrétisée en offre formalisée. À l’audience, aucun nom de repreneur potentiel n’a été évoqué. Les syndicats insistent sur la nécessité d’un « projet industriel sérieux » porté par un repreneur « compétent » capable de maintenir l’activité sur le site. Des élus locaux alertent sur le risque de voir émerger des candidats intéressés par la seule marque Duralex, sans engagement sur la production et l’outil industriel.
Dans l’usine, l’activité a été ajustée pour préserver la trésorerie. La production, mise en pause le 12 juin afin de réduire les charges et de concentrer les équipes sur l’emballage et la préparation des commandes, a redémarré avec la relance d’une ligne de fabrication. À l’extérieur, une quarantaine de militants, à l’appel de la CGT, se sont rassemblés devant le tribunal d’Orléans lors de la dernière audience pour afficher leur soutien à la verrerie et rappeler l’enjeu social et industriel de ce nouveau tournant pour Duralex.